dimanche 17 août 2008

388 jours d'ici le 09 09 09

388 JOURS  d'ici le 09 09 09 A  BIENTOT

Le maître du monde

Texte écrit par Paul-Eric Blanrue en l'an 2000 (cfr. http://www.zetetique.ldh.org/devins.html )

 

Le maître du monde? Je le connais. Il s’appelle Frédéric Pau.

Enfin, j’anticipe : le futur maître du monde - « futur », en effet, car Frédéric, frictionné corps et âme au tonic surnaturaliste, « se voit » prochain secrétaire général de l’ONU. Ce n’est qu’une question de temps. Il l’a rappelé officiellement, le 29 août 1999, sur France Inter, dans l’émission « Le monde d’Anne Riou »:

- Vous êtes en disponibilité de la République? (lui demande la journaliste ingénue, un rien moqueuse)

- Non madame! Du monde et peut-être du cosmos! (lui répond l’invité Pau. Sans rire.)

L’extralucide attend que la Providence le convoque, et que les ondes, hertziennes d’abord, cosmiques ensuite, le propulsent vers son héroïque destin. Il est sûr de son fait : les prophètes annoncent son règne, les Parques et les Moires filent la trame de son ascension.

Prédestination : il a été élevé dans le XVIe arrondissement de Paris, près de l’escalier Beethoven, le compositeur qui deviendra son maître en musique, et non loin du domicile de Mme Fraya, la chiromancienne qui (d’après ses dires) avait attiré à elle Jean Jaurès et Aristide Briand. Pour lui, c’est un signe tangible. Question commandement et stratégie, Frédéric a de qui tenir puisqu’il est l’arrière-petit-fils du général Pau, commandant de l’armée d’Alsace en 14, libérateur de Mulhouse, ancien président de la Croix-Rouge - le héros familial qu’il a pris pour modèle.

J’ai connu Frédéric Pau au milieu des années quatre-vingt. Il était pianiste d’ambiance dans un luxueux restaurant de Cannes. Agité, frénétique, fantasque, spectaculaire, intarissable fleuve de paroles, il n’hésitait pas à tourner en ridicule les clients trop bruyants, à revêtir une culotte d’aristocrate le 14 juillet, à se lancer dans un récital Wagner, en forçant sur les graves, lorsque de sots notables lui réclamaient un tube de Claude François. Une flamme de bonne humeur qui mettait le feu au faste plat des richesses douteuses de la Riviera. Ayant moi-même, en des temps estudiantins, égrainé mes chapelets de notes dans ces espaces insolites où Round Midnight s’efface derrière les côtes de porc, je m’étais attaché à ce personnage burlesque, provocateur, définitivement hors norme, catégoriquement hors catégorie.

Pendant mes vacances, je passais avec lui des nuits entières à redécouvrir l’esprit de Ludwig Van, à comparer les phrasés d’Horowitz, de Cziffra et d’Art Tatum, à prendre en stop les grandes ombres de l’histoire, à refaire la bataille d’Austerlitz avec des canettes vides en guise de corps d’armée. Nous roulions volontiers notre bosse dans les endroits le plus louches de la Côte, histoire de les rendre plus louches encore... Dès que j’arrivais dans le restaurant retentissait le Te Deum de Charpentier! Nous avions vite sympathisé.

Ce n’est qu’au bout de trois ans, qu’un soir, face à la mer, il m’a déclaré qu’il s’intéressait au paranormal, qu’il faisait parfois tourner les tables. Le soir suivant j’apprenais avec stupéfaction qu’il était voyant. Une semaine après, que Nostradamus l’annonçait dans ses quatrains! Une année plus tard, je retrouvais Frédéric sur le podium du Palais de Festivals, à donner des conférences sur le mage de Salon, en développant publiquement le fruit de ses cogitations mystiques. Il s’était lancé dans une carrière parallèle. Comme au restaurant, il ne se retenait pas d’expulser les spectateurs récalcitrants!

Nous sommes restés en relation, malgré des divergences de vue allant croîssant. Frédéric est toujours pianiste et chanteur. Il a monté un « show Charles Aznavour », qu’il imite à la perfection, même si son physique tient davantage de l’humoriste Daniel Prévost que du crooner franco-arménien. Mais aujourd’hui Frédéric se lance un défi autrement plus extraordinaire. Le défi de sa vie. Supporté par l’astral, il a décidé de réactiver son ancienne association : Arlequin. Lancement sur orbite : le 9 septembre 1999. A l’envers 6.6.6661. La Bête est-elle parmi nous?

Je lui laisse la parole. Il parle parle parle parle parle parle...

- Mon cheval de bataille, c’est qu’on doit avoir une lecture double de la vie, comme un mots croisés : lecture horizontale cartésienne (cogito ergo sum ) - et je connais bien Descartes parce que j’ai passé quatre ans au Prytanée de La Flèche, qui a été successivement royal, impérial et national. Donc je crois au cartésianisme, à l’étude logique des choses (thèse-antithèse-synthèse), mais également à une lecture verticale, c’est-à-dire mystique et transcendante. C’est vrai que j’ai travaillé sur les prophéties de Nostradamus de Malachie1, je me suis intéressé à l’ésotérisme, j’ai travaillé avec des druides dans les alignements de Carnac, les nuits de pleine Lune, où on voit les grands mégalithes flotter sur la brume de vingt centimètres, j’ai travaillé avec des sorciers dans le Berry, des guérisseurs en Martinique. Mais je veux également avoir une lecture rationnelle. Sans avoir poussé les études très loin j’ai quand même été V major à Saint-Cyr (ce qu’on n’a pas dans un paquet de Bonux), j’ai eu un DEUG d’histoire et j’essaye d’avoir une vision claire sans être un scientifique puisque j’ai fait Cyr Lettres. Je suis en train de lire en ce moment un livre qui s’appelle Une sacré particule d’un prix Nobel de physique, je viens de terminer la semaine dernière un livre de six cents pages sur la vie d’Einstein. Je pense que celui qui est complètement dans le rationalisme et le cartésianisme sans en sortir, il lui manque une patte et que celui qui est uniquement parti dans les boules de cristal et les tarots de Nostradamus est complètement à côté de ses pompes. Je crois que le monde se lit généralement en deux dimensions - y compris, par exemple, l’atome, puisqu’on sait que l’électricité a une réalité à la fois ondulatoire et corpusculaire (je te renvoie à Langevin ou à Louis de Broglie)...

- C’est quoi « être en disponibilité du cosmos », pour toi?

- La devise de Jules César était : « Ou l’empereur ou rien ». Je suis pas grand chose dans la société actuelle : je suis un pianiste de bar qui n’a rien d’exceptionnel - mais la seule place que j’accepterais dans cette société ce sera d’être secrétaire général de l’ONU, c’est-à-dire de commander à un moment d’avoir ce que les Romains appelaient l’imperium , le commandement! Je pense que ce n’est pas à l’OTAN de s’occuper de régir la planète et d’être le gendarme du monde - c’est à l’ONU! Alors, si les instances actuelles de l’ONU sont inefficaces, puisqu’il y a le droit de veto qui empêche toute action, eh bien! qu’on change la constitution de l’ONU! Mais encore une fois j’aurais été secrétaire général de l’ONU j’aurais atterri par tous les moyens, y compris en parachute, à Belgrade et j’aurais dit « les tirs cessent c’est moi qui commande! »

- Mais comment vas-tu t’y prendre? Parce qu’il y a tout de même un petit détail : beaucoup de personnes veulent y arriver avant toi!

- Alors comment je vais faire? De toutes façons, « qui veut la fin veut les moyens ». Tout en restant dans une certaine éthique, puisque je reste quand même fidèle à mon éducation de gentleman. Mais d’abord... je répondrai que - je ne sais pas!... et que si je savais je serais sûr ne pas réussir, puisque si tu sais par où tu passes d’autres peuvent le deviner. En contre-espionnage à partir du moment où un homme a inventé un système de décryptage un autre peut le décrypter. Je m’inscris dans un logique à la fois horizontale et verticale, je me suis préparé en étant physiquement apte à faire un match de boxe en compétition à 46 ans. Moralement, j’essaye d’être intègre, de pas voler, de ne pas reculer et intellectuellement de me tenir à peu près au goût du jour. Ceci dit, c’est aux forces du Bien de faire le travail. Pourquoi j’interviens le 9 septembre? Parce que je suis né le 9 septembre 1953 : en numérologie, ça donne le chiffre 999 et tu sais comme moi que dans l’Apocalypse le chiffre de la Bête est 666

- le signe contradictoire et complémentaire est le 999 : je m’apprête à affronter les forces du Mal. Voilà l’histoire, c’est pas plus compliqué que ça. Mais je ne suis pas sûr de ce que je vais réaliser. Nietzsche disait : « Seule la certitude rend fou  ». Donc, tous les matins je me réveille en me disant : « de quoi s’agit-il? » et je me remets en question. Celui qui est sûr de lui est un cinglé. Je doute de moi.

- Est-ce que tu te donnes une date limite?

- Je suis ma pente, je suis ma route. Talleyrand disait : « Il faut suivre sa pente à condition qu’elle monte ». C’est vrai que j’ai un côté aristocrate décadent, j’ai deux quartiers de noblesse, je suis un peu comme le Vendéen La Rochejacquelin que les paysans sont allés chercher sous son lit en disant : « Ou bien vous devenez notre général ou on vous tue! » - « Eh bien si vous le prenez sur ce ton je prendrai votre commandement! »... L’aventure humaine est ce qu’elle est, mais enfin, face à l’éternité aux milliards de galaxies, aux milliards d’années-lumière, ce que peut faire l’humanité ou Frédéric Pau n’a guère d’importance. Mais enfin, on est ici, il faut occuper le temps! Je suis d’une famille d’officiers, ma fonction naturelle aurait été d’être dans l’armée : chez nous quand on sert c’est plutôt la Légion et les parachutistes - les troupes de choc! J’ai fait Saint-Cyr en 74, en même temps que mon frère aîné - je serais actuellement colonel, général dans deux ans, ma place était là... J’ai senti un appel assez mystique. La forêt de l’École spéciale militaire de Saint Cyr a été transportée en 47, à cause du manquement de champ de manoeuvre, dans les landes bretonnes : c’est exactement à l’emplacement de la forêt de Brocéliande, là où a été jetée par le roi Arthur mourant l’épée Excalibur. Et cette épée m’attend. Ma vision politique cartésienne s’inscrit aussi dans une logique divine. La mythologie anglo-saxonne attend le chevalier des temps ultimes qui viendra acquérir cette épée : je pense qu’elle est pour moi, j’ai eu des flashes dans le forêt de Brocéliande, au cours de l’automne 74.

- Et ton association est créée pour te porter?

- L’association s’appelle Arlequin, ce qui veut dire « Association de rencontre et de libre expression pour la qualité et l’utilité des initiatives nouvelles et nationales ». Elle a été créée en 1975 par un groupe d’amis. Nous étions « jeunes et larges d’épaules et on attendait que la mort nous frôle », pour reprendre la chanson de Lavilliers, reprenant lui-même un poème de Victor Hugo. On était des jeunes ivres de vie, n’ayant peur de rien et beaucoup parmi nous sont décédés aujourd’hui. Il reste quelques survivants, c’est le deuxième souffle, c’est le retour, cette fois nous avons pris de la bouteille, nous sommes des quadragénaires, ceux qui restent reviendront avec moi. Nous croyons à la fidélité.

- Le but?

- Mon projet est tel qu’il est. Il n’est pas totalement au point... Je dois dîner dans un mois avec le fils de Fidel Castro, qui disait : « L’action existe avant la conscience » -et quelque part, c’est vrai, mon projet a des lignes de base, il y a des choses que je veux, par exemple l’éradication des réseaux de pédophilie, de la drogue dure, suppression des paradis fiscaux - ça, ce sont des point précis, nets et sans bavures qui ne se discutent pas. Ceci dit, ce qui compte c’est l’incarnation - c’est le chef! Comme disait Catherine de Russie à Diderot : « Vous vous travaillez sur du papier moi je travaille sur la peau humaine! ». Je m’apprête à travailler sur la peau humaine... Quand je me baigne dans la mer, en hiver, je sens la morsure du réel, quand je fais un match de boxe je croise une paire d’yeux à vingt centimètres de moi et si je baisse ma garde je tombe. Je ne suis pas un utopiste, j’ai la tête dans les étoiles, mais les pieds bien sur terre. Donc, cette association, c’est évident, est faite pour me porter en haut. Je m’appelle Frédéric - je ne veux aucun titre que Frédéric . Je serais incapable d’être le maire d’un village de trente habitants, seulement Frédéric veut dire en germanique le « roi puissant » -et je m’apprête à être ce roi! Les Allemands attendent un grand empereur qui se réveillerait de sa grotte de Thuringe où il dort depuis le moyen âge, avec la barbe qui fait trois le tour de sa table. Cet empereur s’appelle Frédéric3 : je suis ce Frédéric! Jean XXIII, le pape, lorsqu’il était nonce apostolique dans les pays musulmans a été initié à la magie et il a fait la « prophétie des vingt-six noms » : il a par exemple donné le nom de l’assassin de Kennedy trente-cinq ans avant, il a également prédit la chute du communisme4. Et là je me sens un peu concerné, pusiqu’il a dit : « Frédéric bienvenue au royaume de l’humilité bienvenue élu parmi les humbles choisis Augustin rejette Benoît ». J’en ai longtemps cherché la signification. J’ai failli être bénédictin, je suis un adepte des monastères : il y a un mois et demi je passais encore une semaine à l’île Saint-Honorat, en face de Cannes, chez les bénédictins, mais j’ai fréquenté aussi Fongombault, de nombreux monastères bénédictins, mais également franciscains et taoïstes à Nantes, bouddhistes vietnamiens à Joinville-le Pont, bouddhistes tibétains près de Chambéry... Pour connaître, il faut savoir. Je me suis présenté également aux Législatives à Nice en 92 face au doyen d’âge de l’Assemblée nationale : j’ai eu très peu de voix, mais je ne cherchais pas à avoir des voix mais à connaître un peu le métier démocratique.

- Tu m’as dit un jour que tu t’étais « lu » dans Nostradamus...

- J’aime bien Nostradamus, qui est un peu le Beethoven de la voyance, le plus grand prophète occidental de la voyance depuis la naissance du Christ. Le quatrain est le 2, 94 « Grand Pau grand mal pour Gaulois recevra vaine terreur au maritin Lyon peuple infini par la mer passera sans eschapper un quart d’un million ». Quant au quatrain mis en exergue par Paco Rabanne, tout le monde a dit que « sept mois » c’est juillet 99. Mais il ne s’agit pas de « septième mois » : il s’agit de septembre - et le « grand roi d’effrayeur » c’est peut-être - moi-même! Tout simplement!

- Comment en es-tu arrivé là - si je puis dire...?

- Il y a une anecdote qui rejoint à la fois le côté « élu » et mon côté « médium ». Lorsque j’avais huit ans je partais en catalepsie... J’étais en train de manger à table avec ma famille et tout d’un coup je partais dans mes rêves, ou dans un ailleurs que je ne connaissais pas bien. Et tout à coup je n’étais plus là et ma fourchette tombait par terre et je me réveillais... Au bout de cinq-six fois, mon grand-père, qui était un officier de Légion style Jean Gabin, me voyant devenir pâle, m’a cité un vers de Vigny à propos de Moïse : « Toi, tu es pâle et pensif parce que déjà tu sais que tu es l’élu du Tout-puissant ». J’ai senti des chose étranges... Lorsque j’étais à l’école, au lieu d’écrire une dictée, mon esprit partait ailleurs. Je recevais des calottes. J’ai appris après que c’était l’écriture automatique, le système de voyance qu’utilisait le maître de Salon de Provence. Nostradamus, mon maître en voyance, est né le 14 décembre. Chose étrange, mon maître d’arts martiaux également - et Beethoven5(en musique c’est mon maître) lui aussi! Ce n’est pas une coïncidence. Jung parle de « synchronicité ». La synchronicité sur laquelle j’ai beaucoup travaillé permet de faire des miracles. Quand le Christ arrête la tempête, sur le lac de Tibériade, c’est qu’il est en sympathie, complicité, osmose et synchronicité avec les éléments humains, animaux, végétaux et minéraux. A mon très modeste niveau j’arrive à faire des mini-miracles, parce que je n’ai pas de pudeur et que je suis en osmose avec certaines forces.

- Ce serait intéressant de les démontrer ces miracles, non?

- Absolument! Je me prépare. Je vais faire un « numéro de claquettes ». Tout respect gardé, le Christ a lui aussi fait un « numéro de claquettes »! Mais le Christ lui-même a dit de ne pas se fier à ses miracles : ce n’est pas ça qui compte. Il a fait des miracles pour attirer les gens, comme Napoléon qui a créé la Légion d’honneur en disant : « C’est avec des hochets qu’on mène les hommes ». Le problème n’est pas là. J’essaye d’être un homme total. Ecce homo.

- Des exemples de tes miracles, flashes, pouvoirs?

- Ma devise est celle de l’officier de la Navy dont le dernier bateau était en train de couler face à la flotte britannique et qui disait : « Je n’ai pas encore commencé à me battre » - et ensuite il disparaît sous les flots. Je dirais pareil : j’ai quarante-six ans, frais comme un gardon et je n’ai pas encore commencé à me battre. Tout ce que j’ai fait est à niveau homéopathique. Je n’ai pas fait des jeûnes de quarante jours comme le Christ (j’ai fait des petits jêunes), je n’ai pas fait la guerre comme le général Bigeard ou le maréchal Ney (mais juste six ans dans l’armée)... Au niveau de ce que j’ai pu réaliser en magie, j’ai fait tourner des tables, je sais me servir d’un boule de cristal, j’ai travaillé sur le pendule après lecture du livre du professeur Rocard - qui n’est pas n’importe qui6 -, j’ai utilisé le tarot de Nostradamus, j’ai fait l’imposition des mains, appris à guérir, à faire partir des psoriasis, etc. Une fois, à l’occasion d’un émission de Jean-Marie Cavada, qui se déroulait à Cannes, j’ai rencontré un député du Soviet Suprême, Sebastianov, j’ai eu un flash, je lui ai dit qu’il était né dans la région où la famille du tsar a été assassinée : il est devenu blanc, m’a demandé comment je savais ça, on a parlé pendant une heure. D’où ça vient, par où, quand, comment, ce n’est pas mon problème. J’ai attaqué le piano à quinze ans et trois mois après je jouais assez bien pour me produire sur des petites scènes. Lorsqu’on est en bicyclette, si on s’interroge sur la façon dont elle avance, on se casse la figure!

- Pourquoi ne participes-tu pas au Prix Défi Zététique « Broch-Majax-Theodor »? Cela fait plusieurs années que je te demande le faire. Deux cents mille euros, ce serait un « plus » pour ton association!

- Maintenant je pourrais aller voir Broch... Mais je ne peux pas dire quand je serais secrétaire général de l’ONU...

- Pourquoi ne pas commencer par de plus petites choses, plus vérifiables? Parce que tu es quand même conscient que quand tu vas dire tout cela sur les plateaux, les gens vont te prendre pour un fou?

- Oui, mais c’est comme les noces de Cana avec Jésus. Sa mère, ça l’embêtait. Oui... bon... je ne sais pas... Quand je vais passer dans les médias, je verrai - je crois totalement à la spontanéité, je crois à Jeanne d’Arc, qui n’a pas fait de calcul. Je ne me suis pas encombré des armes traditionnelles de ceux qui réussissent : j’ai des armes spirituelles. Pour parler comme je parle il faut oser! Je crois au Saint-Esprit, à la force du Tao. Je suis ami avec Jean-Claude Bourret, bien que je ne crois pas à ses soucoupes en ferraille. Quand je lui ai demandé un conseil il m’a regardé et il m’a dit : « Le messie n’a pas besoin de conseil! ». Je ne me prends pas pour le messie. Ceci dit...

- Tu es sûr qu’il ne se moquait pas de toi?

- Non! De toutes façons je prends tout à tous les degrés. Toute phrase sérieuse a un côté humoristique et toute phrase moqueuse a une part de vérité. J’ai une manière de raser les montagnes et de combler les gouffres pour arriver à une ligne droite. Ceux qui font monter la foule pour se moquer de moi, je les ferai taire : leur rire leur restera dans la gorge! Je m’apprête à faire quelque chose de beau.

- Est-ce que tu te rends compte que si tu faisais la preuve de tes pouvoirs, même à un petit niveau, ça clouerait le bec aux sceptiques dans mon genre?

- Il ne s’agit pas de te clouer le bec : je ne clouerai le bec à aucun honnête homme! Tu as raison de ne pas faire de cadeaux aux imposteurs! Et je ne pense pas être un imposteur - en tout cas j’essaye. N’oublions pas que Descartes, que les gens connaissent mal, a écrit son Discours de la méthode après une illumination qui ressemble à celle de Blaise Pascal. Je n’ai rien contre les cartésiens, je démystifie moi aussi. Si on avait coupé la tête au Christ, il ne serait pas ressuscité : non, négatif! Pour moi, le surnaturel est scientifique. Une photo imprime une image : dans les châteaux-fort les cathédrales on a des pierres qui enregistrent tout ce qui s’est passé. Lorsque je suis entré pour la première fois à Saint-Denis, dans la basilique des rois de France, j’ai failli tomber dans les pommes tellement l’histoire de France m’a sauté au visage! Je pense aussi que, quand on joint ses mains, on est comme une antenne pour recevoir quelque chose du divin, lorsqu’on serre le poing vis-à-vis de quelqu’un, on lance des ondes destructrices.

- Donc : attendons?

- J’essaye d’avoir cinq ans d’avance sur les événements. Je travaille sur ce qui va arriver, en espérant que ce qui va arriver après ce sera moi-même. Et lorsque je dis « je », c’est du cosmos dont je parle. Il y a une correspondance entre le macrocosme et le microcosme : l’esprit habite des êtres, de siècle en siècle, et j’accepte d’être habité par une forme de Saint-Esprit. Et j’essaye de ne pas être ridicule en disant ça!

C’est en effet tout le mal qu’on peut souhaiter à Frédéric Pau.

Grâce à lui, en tout cas, une expérience grandeur nature va avoir lieu, qui nous permettra d’observer si la méthode Coué permet aux pianistes mystiques de conquérir le monde...

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